referencement googleAkopha La Déesse aux Six Lances14/08/2017

Dans un big-bang catastrophique
Où tout explose où tout se casse
Des émanations électriques
Brûlent des univers de glace

Les cris de la terrestre couche
Dans les entrailles du chaos
Résonnent comme un glauque écho
Alors que la déesse accouche

Gaïa déverse son liquide amniotique
À l'heure où se forme l'océan pacifique
Mais l'enfant qui arrive dans cette affreuse turne
Est une petite fille aux lèvres taciturnes
Et du soir au matin douce mère la berce
Dans ces eaux peuplées de créatures diverses

« Petite Akopha, dors, dors dans mes bras
Petite Akopha, dors, dors dans mes bras »

La petite Akopha aux cheveux blancs soleil
Aux grands yeux bleus du ciel à la peau velouté
Était née sans marteaux sans tympans ni oreilles
Pauvre destin tragique amère absurdité
Lorsque Gaïa lui parle elle n'entend aucun son
Elle ne connaît pas la voix de la chanson

« Petite Akopha, dors, dors dans mes bras
Petite Akopha, dors, dors dans mes bras »

Pour les quinze ans de la déesse
Une grande fête est donnée
Les convives sélectionnés
Apportent d’énormes richesses

Des soupirants du nouveau monde
Viennent courtiser Akopha
Déesse et fille de Gaïa
Devenue à présent féconde

Mais la danse étourdi la tête
Comme l'ivresse de l'envie
On ne veut pas qu'elle s'arrête
Dans le désir inassouvi

« Oh ma jeune Akopha, danse danse dans mes bras
Oh ma jeune Akopha, danse danse dans mes bras »

Les esprits sont naïfs et certains dieux cruels
Aux pensées primitives aux pulsions criminelles
Des âpres meurtrissures poussées par Nemesis
Les incitent à commettre l’infâme sacrifice

Alors que l’ennemi devant l’entrée s’embusque
En traînant leur pieds lourds et leur lâches tibias
Un large madrier comme un pilum étrusque
Transperce l’assemblée jusqu’au sein de Gaïa

L'odeur d'épicéa lui traverse le torse
Où se mêlent le sang et la sève de l'arbre
Puis sa tête bascule en percevant l'écorce
De ces yeux vides et froids qu’ont les bustes de marbres

« Oh ma belle Akopha je meurs, je meurs dans tes bras
Oh ma belle Akopha je meurs, je meurs dans tes bras »

Et la jeune déesse dans une tristesse infinie, une souffrance extrême, une noirceur démoniaque, se met à crier, hurler dans une vibration inouïe. Elle veut entendre sa peine mais elle ne l’entend pas. Alors elle crie encore et plus fort sur des sons graves qui font trembler les murs. Elle vocalise des aigus et toutes les fréquences du spectre. Les ondes longitudinales se propagent librement en perturbant les influx nerveux. Autour d’elle plus personne ne bouge. Tétanisés par la pression acoustique les oreilles saignent et les yeux se gonflent. Certains tombent à terre et commencent à convulser. Ennemis comme amis personne n'est épargné. Lorsque, tout à coup le pilum qui transperçait Gaïa commence à s’extraire lentement du corps de la déesse mère. Puis il se fend et s'ouvre sur toute sa longueur comme la déhiscence d'une fleur pour former six fines lances de tailles identiques.
Akopha saisit la première, la plante à ses pieds et de l'eau souterraine commence à humecter le sol. La deuxième elle enfonce sa pointe au plafond. Des nuages se forment dans les basses hauteurs de la salle du bal. Une pluie de larmes diluvienne se met à tomber pour effacer le sang de la pièce. Les quatre dernières lances sont envoyées aux quatre points cardinaux de la rose des vents. Chacune se plante profondément dans le calcaire coquillé des murs de la salle et semble avoir percé un réservoir intarissable. Car des litres d’eau sortent de leur extrémité, comme si chaque lance était un chantepleure.
Très vite les eaux submergent le bâtiment et la cité Atlantide toute entière est engloutie à l'endroit même où se trouve l'océan Atlantique.

Un sanctuaire subaquatique
Décoré d'algues et de coraux
Renferme la cité antique
Où repose un divin tombeau

Près d’un sépulcre inaccessible
Dans une froide opalescence
La belle déesse aux six lances
Verse des larmes invisibles

« Mama ! Oh ma douce Mama reviens, reviens près de moi !
Mama ! Oh ma douce Mama reviens reviens près de moi ! »

Lorsqu’Akopha pleure à la mer
La nuit fredonne sa complainte
Sous le bruit des vagues défuntes
Voguent les hommes téméraires

Égarés dans leur latitudes
Ils écoutent ce doux refrain
Cette musique tentatrice
Agrémenter leur solitude

C'est le chant doux et captivant
De la sirène à son marin
C'est l’hallucination d'Ulysse
Sous l'accélération du vent

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